CHIRURGIE DES MEMBRES INFÉRIEURS

Docteur Bruno CHAMBERLIN
Chirurgien orthopédiste

Prothèse de genou

Madame, Monsieur,

dr-chamberlinVous allez être hospitalisé à la Clinique de l’Essonne pour être opéré d’une prothèse du genou. Il peut s’agir d’une prothèse totale de genou (PTG) ou encore d’une prothèse unicompartimentaire interne ou externe (PUC). Vous en avez déjà parlé avec votre chirurgien qui vous a expliqué le déroulement de l’intervention, les suites opératoires ainsi que les risques, inconvénients et bénéfices de cet acte chirurgical.

Cet article a pour but de vous rappeler les points les plus importants des différentes phases du traitement. Le caractère général de cette information ne peut tenir compte de tous les cas particuliers et votre situation exigera peut- être quelques adaptations du schéma général décrit ci après. Le cas échéant, celles-ci vous seront précisées et expliquées le moment venu par votre chirurgien.

Sachez enfin que l’acte chirurgical est un travail d’équipe centré sur le patient dont le succès dépend de la performance de chacun de ses membres. L’équipe médicale est constituée par votre chirurgien, ses aides opératoires, l’anesthésiste, les infirmières et les kinésithérapeutes. Par votre qualité de patient, vous êtes à la fois acteur et spectateur de cet acte chirurgical et votre satisfaction est l’objectif thérapeutique principal de notre équipe médicale.

Et maintenant, bonne lecture et n’hésitez pas à poser des questions si vous estimez avoir besoin de davantage d’information sur certains points.

L’articulation du genou

L’articulation du genou permet de plier et d’étendre le genou lors de la marche. Lors de ces mouvements il se produit également, de manière automatique, une rotation de la jambe sous la cuisse. Cette articulation supporte le poids du corps et doit être stable pour ne pas entraîner de chute. L’articulation du genou est constituée de l’extrémité inférieure du fémur (condyle fémoral) et de l’extrémité supérieure du tibia (plateau tibial). Le genou articule donc la cuisse avec la jambe et la cohésion des surfaces articulaires est assurée par des ligaments. Le genou est maintenu en dedans et en dehors par les « ligaments latéraux » (ligaments latéraux internes et externes), il est maintenu d’avant en arrière par les « ligaments croisés » antérieur et postérieur, situés au centre du genou. La surface de glissement entre le fémur et le tibia est constituée par du cartilage déposé sur les os. Ce cartilage baigne dans du liquide appelé « liquide synovial » qui lubrifie et nourrit le cartilage.

La rotule est la troisième partie osseuse du genou. Cet os situé à la face antérieure du genou coulisse dans la trochlée fémorale lors de la flexion/extension du genou et constitue la poulie de réflexion de l’appareil extenseur. Le muscle quadriceps et la rotule (appelés appareil extenseur) permettent d’étendre la jambe. Leur rôle est très important lors de la marche car ils verrouillent le genou.

 

Les prothèses de genou

Les prothèses du genou ont pour but de remplacer l’articulation du genou en cas d’arthrose du genou, c’est-à-dire lorsque le cartilage articulaire à disparu. Cette prothèse de genou peut être totale (PTG) remplaçant les trois compartiments du genou (interne, externe et rotulien) ou partielle (PUC) remplaçant un seul compartiment (interne ou externe).

Il existe actuellement sur le marché un grand nombre de prothèses, de formes et de tailles différentes, mais elles sont toutes constituées d’au moins deux implants indépendants l’un de l’autre : une pièce fémorale et une pièce tibiale. Cette dernière est surmontée d’un plateau en polyéthylène, sur lequel coulisse la pièce fémorale. Le cas échéant, il faut également adjoindre une prothèse rotulienne en polyéthylène.

                       Prothèse totale de genou

Toutes ces prothèses du genou (PTG, PUC) existent en différentes tailles, adaptées à la morphologie de chacun, et sont mises en place en réalisant des coupes osseuses qui permettront de les encastrer dans l’os.

La fixation des implants sur l’os peut être assurée de deux manières : soit par un ciment chirurgical pour une prothèse de genou cimentée , soit par repousse osseuse secondaire au contact de l’implant pour une prothèse de genou sans ciment.

Le ciment chirurgical est un polymère acrylique appliqué sur l’implant à l’état pâteux avant l’insertion des prothèses. Il durcira par polymérisation en 10 minutes environ et permet la fixation des implants au squelette tout en harmonisant la transmission des contraintes entre l’implant et l’os. Ce moyen de fixation solide, autorise la reprise immédiate de la marche en appui complet.

Prothèse de genou

Prothèse de genou

L’autre possibilité consiste à utiliser des prothèses de genou sans ciment dont les surfaces spécialement traitées permettent une repousse osseuse à leur contact. Elles sont enchâssées dans les cavités osseuses à frottement dur. La repousse osseuse s’effectue progressivement au contact des implants en quelques semaines voir quelques mois. Ce temps est nécessaire pour assurer la stabilité définitive de l’implant et la reprise de la marche en appui complet peut parfois être différée d’autant afin d’éviter une mobilisation des implants.

Le choix du type d’ancrage (cimenté ou non cimenté) est fonction de nombreux facteurs tels l’âge, l’état osseux, les pathologies médicales associées, la possibilité de béquillage pendant quelques semaines et des habitudes du chirurgien.

La mise en place d’une prothèse de genou (PTG, PUC) oblige à une section musculaire et tendineuse de l‘appareil extenseur plus ou moins importante selon la voie d’abord choisie pour exposer l’articulation. Cette atteinte anatomique inévitable diminue la force du quadriceps pendant les premiers mois suivant l’opération. C’est le temps de récupération minimum de la force et du tonus musculaire. Pendant cette période post-opératoire, il est donc primordial de respecter les consignes de rééducation qui vous seront enseignées par les kinésithérapeutes.

Avant l’intervention chirurgicale

Lorsque la décision de programmer votre prothèse du genou (arthroplastie du genou) a été prise avec votre chirurgien, la secrétaire vous donnera des ordonnances pour réaliser un bilan sanguin préopératoire ainsi qu’ une analyse d’urine et vous fixera un rendez-vous avec l’anesthésiste auquel il faudra montrer les résultats de ce bilan. D’autre part, il est impératif avant l’intervention de consulter un cardiologue pour qu’il autorise l’opération sur le plan cardiologique et votre dentiste pour s’assurer de l’absence d’infection dentaire latente dont le réveil infectieux pourrait compromettre le succès de la prothèse de genou.

Il vous sera également demandé si vous souhaitez aller dans un centre de rééducation ou rentrer chez vous avec de la kinésithérapie et des soins infirmiers après l’intervention.

Transfusion

Lors de l’implantation d’une prothèse de genou, il se produit une inévitable perte de sang pouvant nécessiter des transfusions sanguines. A la différence des prothèses totales de genou (PTG), ce risque est très faible pour les prothèses unicompartimentaire de genou (PUC).

Dans des cas exceptionnels, il faudra parfois faire prélever votre propre sang quelques semaines avant l’intervention et le stocker au Centre de Transfusion Sanguine à EVRY afin de vous le transfuser pendant ou après l’intervention si nécessaire. Ce processus s’appelle « autotransfusion », il est mis en place par l’anesthésiste lors de la consultation préopératoire en fonction des résultats du bilan sanguin préopératoire et de votre état de santé.

Le plus souvent nous utilisons un système de récupération sanguine (cell-saver) qui permet de récupérer votre sang perdu pendant l’intervention et de vous le rendre en salle de réveil. Dans d’autres cas, l’anesthésiste vous prescrira peut-être de l’érythropoïétine pour corriger une anémie préopératoire.

Examens pendant l’hospitalisation

L’hospitalisation a généralement lieu la veille au soir de la date opératoire, par exemple le mardi soir pour une intervention le mercredi. Nous mettrons à profit ce court délai pour réaliser et regrouper les examens préopératoires afin de vous éviter des déplacements répétés source de tracas et de perte de temps pour vous et votre entourage. Ainsi, seront réalisés :

  • Une prise de sang et une analyse d’urine (ECBU)
  •  Les radiographies complémentaires demandées par votre chirurgien.
  • Nous vous donnerons des instructions et un savon désinfectant spécial pour que vous procédiez à un lavage cutané la veille et le matin de l’intervention. Cette mesure importante vise à diminuer le risque d’infection postopératoire en réduisant la densité de bactéries sur votre peau.
  • Enfin, vous serez revu par le médecin anesthésiste qui s’entretiendra avec vous des différents modes d’anesthésie (locorégionale ou générale).
  • Le matin de l’intervention, vous resterez à jeûn et après une prémédication (destinée à vous détendre) et un dernier lavage du genou à opérer, vous serez conduit en salle d’opération.

Au cours de l’opération

L’arthroplastie du genou consiste à remplacer l’articulation usée par une articulation artificielle et s’effectue sous anesthésie locorégionale ou générale. L’incision cutanée d’environ 10 cm (PUC) à 20 cm (PTG) est réalisée au niveau de la face antéro-interne ou parfois antéro-externe du genou. C’est par cette voie d’abord que le chirurgien accède à l’articulation du genou.

L’intervention se pratique au bloc opératoire, dans une enceinte ultra stérile, sous une protection antibiotique et dure environ 2 heures. A la suite de l’intervention, vous rejoindrez la salle de réveil où vous serez surveillé pendant quelques heures.

En principe, vous serez reconduit dans votre chambre dans le courant de l’après-midi. Ce délai est nécessaire pour la surveillance post-opératoire et il permet de limiter les pertes sanguines grâce à l’utilisation d’un Cell-Saver pendant l’intervention.

De retour dans votre chambre, vous serez couché sur le dos, les jambes légèrement surélevées. Vous aurez un pansement sur le genou et exceptionnellement un drain d’aspiration qui sera enlevé en général après 48 heures. Les douleurs postopératoires seront soulagées par une administration personnalisée d’analgésiques.

Après l’intervention chirurgicale

Dans votre chambre, vous serez couché sur le dos, vous pourrez bouger les deux jambes à votre guise. Vous pourrez également relever le dossier de votre lit de façon progressive dans la journée (notamment pour les repas).

Pendant les premiers jours postopératoires, des injections sous- cutanées d’anticoagulants vous seront administrées comme prévention des thromboses et des embolies pulmonaires. Dans les premiers jours postopératoires, on réalisera un écho doppler veineux des membres inférieurs à la recherche d’une phlébite.

Cette anticoagulation sera poursuivie à votre sortie de la clinique jusqu’à la fin du premier mois postopératoire. Elle nécessite des précautions et des contrôles sanguins réguliers (surveillance des plaquettes hebdomadaire) dont les modalités vous seront précisées avant votre départ.

Pendant cette phase postopératoire, le personnel soignant vous aidera pour récupérer au plus vite votre autonomie. Nous déconseillons fortement l’usage du tabac pendant cette période. Nous vous encourageons vivement à bouger très souvent vos orteils, vos chevilles et vos genoux. Ces exercices simples activent la circulation veineuse et facilitent la récupération.

Rééducation – Retour à domicile – Vivre avec sa prothèse du genou

Dès le premier jour postopératoire, vous recevrez la visite quotidienne d’un kinésithérapeute. Dans un premier temps il mettra l’accent sur la tonification des muscles du membre opéré et il vous aidera à mobiliser doucement le genou opéré en flexion/extension.

Le lendemain de l’opération du genou, vous pourrez vous lever avec son aide et entreprendre la rééducation à la marche, soit avec un déambulateur, soit avec des cannes anglaises. La jambe opérée peut être le siège d’un oedème qui disparaît après quelques semaines.

L’autorisation d’appui sur le membre inférieur opéré vous sera précisée par votre chirurgien et dépendra du type de prothèse de genou implantée, d’éventuelles difficultés peropératoires et de l’existence éventuelle d’une phlébite. Vous pourrez quitter la clinique quelques jours (3 à 5 jours) après l’opération du genou, dès lors que vous serez indépendant dans les déplacements et que vous aurez assimilé les règles de base de la vie quotidienne avec votre prothèse de genou.

Exercices : Mobilisation régulière active et non forcée du genou en flexion extension

Activités : Adapter vos activités. La prothèse de genou est une pièce mécanique susceptible d’usure si elle est trop sollicitée. Une fois la rééducation achevée, des promenades même longues en terrain peu accidenté peuvent être effectuées. Les sports tels que natation, vélo, ski de fond sont autorisés. Eviter les sauts d’un lieu élevé, le patin à glace…. Surveiller votre poids. Une surcharge pondérale est néfaste pour la prothèse du genou.

Prévention thromboembolique : Suivre scrupuleusement le traitement anticoagulant pendant 4 semaines après l’opération. Ce traitement nécessite impérativement des contrôles sanguins réguliers une fois par semaine (dosage des plaquettes).

Prévention de l’infection : Avertir vos médecins (traitant, dentiste, gynécologue, urologue, autres) que vous avez une prothèse de genou. Lors de chaque intervention ou au moindre soupçon de foyer infectieux votre médecin devra vous donner des antibiotiques pour ne pas risquer une contamination microbienne de la prothèse par voie sanguine. Cette complication est rare, mais peut survenir même très longtemps après la mise en place de la prothèse.

Contrôle postopératoire : Vous serez contrôlé par votre chirurgien 6 semaines après l’intervention et 3 mois plus tard. Ensuite, un contrôle annuel clinique et radiologique est vivement recommandé.

Complications éventuelles

Les complications des prothèses du genou (PTG, PUC) sont rares ; voici celles qui sont le plus couramment rencontrées et pour lesquelles nous réalisons une prévention active :

Les thromboses veineuses. Elles peuvent compliquer 40% des prothèses de genou (PTG ou PUC). Avec une prévention bien conduite, celles-ci sont moins fréquentes et surtout se compliquent rarement d’une embolie pulmonaire.

Les infections. Ce sont les complications les plus graves après une prothèse du genou. Leur fréquence est inférieure à 1% pour autant qu’une antibiothérapie péri opératoire soit prescrite, que l’opération soit réalisée dans une enceinte ultra stérile. Les infections tardives sont rares mais toujours possibles plusieurs années après l’opération dans toutes les situations où une bactériémie peut survenir (infection dentaire, urinaire, pulmonaire, etc.). Les infections peuvent aussi être la conséquence de problèmes de cicatrisation surtout en cas de genou multi-opéré porteur de nombreuses cicatrices.

L’usure du polyéthylène et le descellement aseptique. Ce sont des complications tardives traduisant « l’usure » de la prothèse. Leur incidence est de 5 à 10% à 10 ans. Ces phénomènes peuvent nécessiter une nouvelle intervention avec changement des implants.

Les luxations. Elles sont exceptionnelles, le plus souvent consécutives à un traumatisme avec déchirure ligamentaire et touchent en général la rotule. Elles peuvent également faire suite à une rupture de l’appareil extenseur. Une nouvelle intervention chirurgicale est souvent nécessaire pour les traiter.

Les ossifications hétérotopiques péri prothétiques. Elles sont exceptionnelles et ont rarement des conséquences fonctionnelles. Une prévention par un traitement anti-inflammatoire pendant 5 à 10 jours est systématiquement réalisée en l’absence de contre indication.

Les lésions neurovasculaires. Ce sont des complications rares, elles peuvent être à l’origine de faiblesses musculaires voir de paralysies pour les lésions nerveuses et nécessiter une nouvelle intervention notamment un pontage vasculaire pour les lésions artérielles ou veineuses.

D’autres complications sont exceptionnelles  telle la rupture d’appareil extenseur (qui requiert un traitement chirurgical) ou peuvent être liées par exemple aux médicaments (allergie, ulcère gastroduodénal, hémorragie digestive), à la décompensation d’une autre pathologie (diabète, artérite…), ou encore : rétention et/ ou infection d’urine, escarre, fracture (tibia ou fémur ou rotule), inégalité de longueur des membres inférieurs, arrachement tendineux et même décès.

La persistance d’une raideur plus ou moins importante du genou est souvent liée à l’état du genou avant l’opération et peut parfois justifier une mobilisation du genou sous anesthésie . Il en va de même des défauts d’axe (jambe restant déviée en dedans ou en dehors) qui ne peuvent pas toujours être complètement corrigés. Le chirurgien est souvent obligé de choisir le compromis qu’il estime être le meilleur possible pendant l’opération. Ce compromis qui parfois pourrait ne pas vous satisfaire, est souvent le plus adapté à votre cas.

Parfois, après une prothèse de genou, il peut persister des douleurs du genou (10% des cas) qui n’ont pas d’explications franches et qui peuvent justifier un traitement antalgique et une surveillance régulière par votre chirurgien.

Dans certains cas, votre chirurgien peut juger utile de mobiliser votre genou (sous anesthésie) quelques semaines ou quelques mois après l’opération pour diminuer ou supprimer une raideur persistante. Certaines raideurs ou insuffisance de force musculaire peuvent entraîner des boiteries.

QUESTIONS / REPONSES

1- Pourquoi devient-il nécessaire de mettre en place une prothèse de genou (PTG ou PUC) ?

La mobilité du genou usé (arthrosique) est diminuée et les mouvements de cette articulation provoquent de fortes douleurs du genou accompagnées d’épanchements et d’une désaxation du genou source de boiterie. L’usure de l’articulation ou arthrose du genou qui est responsable de ces symptômes, peut être due à l’âge, à un traumatisme, à une maladie inflammatoire ou vasculaire ou encore à une anomalie de la forme des os.

Le traitement médicamenteux n’est qu’un traitement symptomatique qui a pour but de diminuer les douleurs du genou et le gonflement de l’articulation ; mais il ne peut en aucun cas offrir une guérison et l’aggravation par progression de l’usure est inéluctable.

C’est pourquoi votre chirurgien vous proposera une prothèse de genou (PTG ou PUC) lorsque votre gène fonctionnelle l’exigera. Sachez enfin que vous n’êtes pas un cas isolé car il se pose en France chaque année environ 80.000 prothèses de genou.

2 – Quelles sont les bénéfices de la prothèse de genou ?

Le grand bénéfice de la prothèse de genou (PTG, PUC) est l’amélioration de la qualité de vie obtenue par :

- le soulagement et le plus fréquemment la disparition des douleurs du genou
- la récupération de la souplesse de l’articulation
- la correction d’une déformation (genu varum, genu valgum, flessum…).
- l’amélioration des lombalgies ou des douleurs de la hanche sus jacente

Ainsi, la plupart des patients opérés ont récupéré une fonction satisfaisante du genou dans les 3 à 4 mois qui suivent l’intervention et reprennent une vie normale sans prendre de médicaments pour la douleur dans 85% des cas.

3- Une prothèse de genou peut elle durer toute la vie ?

Les prothèses de genou (PTG ou PUC) sont faites avec des matériaux qui s’usent lentement et inexorablement. Les débris d’usure peuvent occasionner des réactions inflammatoires de la part du corps humain, qui peuvent compromettre la stabilité ou la fixation des implants dans l’os et nécessiter à terme un changement de prothèse. Ainsi, comme pour tous les produits fabriqués par l’homme, aucune prothèse du genou n’est éternelle et elles s’usent lentement avec des variations selon les matériaux utilisés. En moyenne, dans la littérature une prothèse de genou « dure » autant qu’une prothèse de hanche c’est-à-dire 15 à 20 ans.

4- Quels sont les matériaux utilisés pour les prothèses de genou ?

Les matériaux utilisés ont été choisis selon 3 critères essentiels : leur biocompatibilité (tolérance par l’organisme humain), leur résistance à la corrosion et leur propriétés mécaniques. En pratique, on utilise :

– Les métaux . Ce sont surtout des alliages en acier inoxydable ou à base de titane utilisés dans la fabrication de la pièce fémorale et tibiale.

– Le polyéthylène. C’est une macromolécule thermoplastique qui est utilisée pour la fabrication du plateau tibial. Plusieurs types de polyéthylène ont été créés pour essayer de ralentir son usure. On espère ainsi limiter la production de débris d’usure de polyéthylène qui provoquent souvent, 15 à 20 ans plus tard une résorption osseuse autour des implants, laquelle nécessite alors une nouvelle intervention pour remplacer les implants.

5- Peut -on remplacer une prothèse de genou usée ?

En effet un changement de prothèse de genou (PTG ou PUC) est possible sous réserve que votre état général, et l’état du genou le permette sans vous faire courir des risques inacceptables. Toutefois, il faut savoir que cette ré-intervention est plus délicate, plus lourde, plus risquée avec une possibilité de résultat moins bon que pour la première intervention.

6- Faut-il du ciment pour fixer la prothèse de genou à l’os ?

L’utilisation d’un ciment chirurgical pour la fixation des implants à l’os permet une répartition plus harmonieuse des contraintes entre l’implant et l’os. Il ne s’agit pas d’une colle mais d’une résine (polyméthyl méthacrylate), utilisée à l’état pâteux et qui se solidifie en quelques minutes. C’est le type de fixation le plus utilisé et ce depuis la fin des années 60, il s’agit d’une fixation fiable qui à fait ses preuves depuis longtemps. L’emploi ou non du ciment chirurgical dépend du type de prothèse utilisé, de votre âge, de votre maladie et des habitudes de votre chirurgien.

7- Faut-il consulter plusieurs fois avant de se décider pour l’intervention ?

Prenez votre temps pour vous décider et vous préparer à l’intervention car cela permet d’aborder l’opération dans les meilleures conditions. Il y a rarement urgence à vous faire opérer et il faut mettre à profit ce délai pour poser, à votre chirurgien, toutes les questions qui vous préoccupent. Le cas échéant, si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à prendre un deuxième avis chirurgical. En tout état de cause, à compétence égale, choisissez le chirurgien avec lequel vous avez le meilleur contact et avec lequel vous vous sentez le plus en confiance.

8- Où faut-il se faire opérer ?

C’est la compétence et la confiance que vous inspire le chirurgien ainsi que sa notoriété et l’expérience du centre chirurgical dans lequel vous allez être opéré qu’il faut privilégier. Pour cela, écoutez votre entourage et le « bouche à oreille » et demandez conseil à votre généraliste ou à votre rhumatologue car ils ont l’habitude de travailler avec un réseau de chirurgiens compétents en qui ils ont confiance.

9- Peut-on réduire le risque d’infection de la prothèse de genou ?

L’infection du genou opéré peut avoir des origines multiples, à partir des microbes de la peau ; soit lors de l’intervention ; soit lors des semaines suivantes par la cicatrice, ou encore à distance de l’intervention à partir d’un autre foyer infectieux où le microbe se greffe sur la prothèse de genou (PTG ou PUC) par voie sanguine. Pour réduire le risque infectieux, il faut donc éradiquer les foyers infectieux et traiter les réservoirs de microbes pour diminuer les germes pathogènes tout en étant particulièrement vigilant chez les personnes plus sensibles aux infections (diabétiques, immunodéprimés, …). En pratique, la prévention du risque infectieux comporte 3 phases chronologiques :

Avant l’intervention :
- Faites vérifier votre état bucco-dentaire par votre dentiste
- Eviter les infiltrations, piqûres et vaccins au voisinage du genou douloureux
- Reportez l’intervention en cas d’état fébrile ou de lésions cutanées sur le genou à opérer
- Préparer la peau à l’intervention selon le protocole qui vous sera fourni par votre chirurgien (épilation, toilette avec un savon antiseptique…)

Pendant l’intervention : Toutes les précautions sont prises pour limiter le risque infectieux. L’arthroplastie de genou se déroule selon un protocole précis, formalisé et connu de tous les intervenants et des contrôles de qualité sont fréquemment réalisés. L’air de la salle d’opération est stérile, les instruments, les vêtements sont stériles et bien souvent à usage unique. Votre peau sera de nouveau désinfectée et vous recevrez également des antibiotiques pendant les 2 jours post-opératoires.

Après l’intervention et toute votre vie :
- En cas de fièvre ou d’infection (urinaire, dentaire, pulmonaire, angine,…) consulter votre médecin traitant afin de débuter le plus vite possible, si nécessaire, un traitement antibiotique.
- Toute acte médical invasif (ponction, endoscopie, chirurgie esthétique…) doit éventuellement faire l’objet d’un traitement antibiotique pour éviter les passage de germes dans le sang susceptibles de se fixer sur la prothèse du genou.
- Eviter les soins de pédicurie trop agressifs, éviter les infiltrations, piqûres et vaccins au voisinage de la prothèse de genou et désinfecter soigneusement toutes les lésions cutanées du membre inférieur.
- Enfin en cas d’apparition de douleurs du genou opéré et à fortiori si en plus vous avez de la fièvre ou une cicatrice inflammatoire, consultez rapidement votre chirurgien.

10- Qu’est-ce qu’une luxation de la prothèse de genou ?

La luxation de prothèse ou déboîtement est définie par la perte de contact des surfaces articulaires entres elles. La luxation est une complication rare qui survient le plus souvent à la suite d’une chute. Le diagnostic est immédiat car le membre inférieur est en position vicieuse, la reprise de la marche est impossible et la mobilisation douloureuse.

Dans ce cas, il faut se rendre à la clinique ou à l’hôpital le plus proche et s’assurer de l’absence de fracture par un bilan radiographique. Le traitement consiste généralement à tirer sur la jambe sous une brève anesthésie générale pour détendre les muscles et ré-emboîter les deux surfaces articulaires puis à immobiliser le genou dans une attelle. Une nouvelle intervention chirurgicale peut être nécessaire pour stabiliser le genou.

11- Comment s’organise la sortie de la clinique ?

La sortie clôture votre séjour dans la clinique et est organisée par votre chirurgien en collaboration avec l’équipe soignante. Elle peut s’effectuer avec des proches ou avec des ambulanciers pour un retour à domicile ou en centre de rééducation.

Vous aurez des ordonnances pour les médicaments, les anticoagulants, le pansement et pour les soins infirmiers et la kinésithérapie à domicile. De même il vous sera délivré un rendez-vous en consultation 6 semaines plus tard en général.

12- Faut-il faire de la rééducation ? Faut-il aller en centre de rééducation ?

La rééducation après une prothèse de genou (PTG ou PUC) n’est pas obligatoire mais elle est fortement conseillée car souvent bénéfique en permettant une récupération plus rapide et en bénéficiant des conseils d’un professionnel. Elle peut s’effectuer à domicile, au cabinet du kinésithérapeute ou encore en centre de rééducation. Le choix se fait en accord avec votre chirurgien selon vos besoins, vos capacités, selon les suites opératoires et enfin selon votre environnement et votre entourage.

13- Peut-on faire du sport avec une prothèse de genou ?

S’il est souhaitable d’avoir une activité physique régulière et adaptée à votre condition physique, il est également conseillé d’adapter cette activité à la prothèse de genou (PTG ou PUC). Ainsi, rien n’est formellement interdit, vous pourrez reprendre la natation, la course à pied, le vélo, le golf… . Toutefois certaines activités telles le ski alpin, les arts martiaux, le rugby, l’escalade …, soumettent la prothèse de genou à des contraintes plus importantes et majorent les risques d’entorse et de luxation notamment ; aussi, il vaut mieux les éviter si possible.

14- La prothèse de genou (PTG ou PUC) déclenche t’elle les alarmes dans les portiques des aéroports ?

Les portiques de détection métallique peuvent déceler l’acier de la prothèse de genou. Les autorités sont fréquemment confrontées à cette situation et il suffit généralement de montrer une radiographie du genou, un compte rendu opératoire ou un certificat de votre médecin pour éviter, dans le pire des cas, une fouille qui s’arrêtera à la vue de votre cicatrice.

15- Combien de temps dure l’arrêt de travail après une prothèse de genou ?

La durée d’arrêt de travail après la mise en place d’une prothèse de genou (PTG ou PUC) est variable selon les patients. En moyenne l’arrêt est de 6 semaines à 3 mois en fonction de votre travail, des trajets qu’il vous faut effectuer et des suites opératoires. Pendant l’hospitalisation, c’est le bulletin de situation remis sur demande à l’accueil de la clinique qui fait office d’arrêt de travail pour l’employeur et les organismes sociaux. A la sortie de la clinique, il vous sera remis avec les papiers de sortie une prolongation d’arrêt maladie. .