CHIRURGIE DES MEMBRES INFÉRIEURS

Docteur Bruno CHAMBERLIN
Chirurgien orthopédiste

Informations générales

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Une intervention chirurgicale est envisagée pour vous même. La jurisprudence fait obligation au corps médical de donner aux patients une information claire et complète sur tous les risques de complications, fréquentes ou exceptionnelles. Ceci est quasiment impossible à réaliser, et démontre une totale méconnaissance de ce qu’est en pratique quotidienne la médecine de terrain. A titre indicatif, il existe un livre de 400 pages sur les complications de la seule arthroscopie du genou, alors que cette technique est l’une des moins lourdes de la chirurgie orthopédique.

La médecine est un art et non pas une science exacte. La chirurgie n’est rien d’autre qu’un artisanat hautement élaboré. Le bon sens indique que tout acte thérapeutique actif comporte une contrepartie qui est le risque de complications. Elles sont inévitables. Dans leur très grande majorité, ces complications font partie de ce que l’on appelle l’aléa médical et surviennent sans qu’une faute médicale ne soit commise.

Toute anesthésie, toute intervention est un acte grave, envisagé en tant que tel par les équipes qui les prennent en charge. Ces actes d’anesthésie et de chirurgie impliquent un contrat moral passé entre les équipes soignantes d’une part, et le patient ou sa famille d’autre part. L’acte chirurgical ne peut s’accomplir que dans un climat de confiance. Ces équipes sont habituées à prévenir les complications et font tout pour qu’elles ne se produisent pas. Elles sont aussi à même de les prendre en charge et de les assumer si malgré tout elles surviennent. Sachez aussi que le traitement préventif de certaines complications (phlébites et embolies pulmonaires) peut entraîner en lui-même des complications (hématomes, hémorragies, allergies) et que les anti-inflammatoires peuvent causer des ulcères digestifs parfois compliqués d’hémorragies digestives.

  • S’il est illusoire de croire que nous pouvons vous informer sur toutes les complications y compris celles qui sont exceptionnelles, nous pouvons vous prévenir en consultation de celles qui sont les plus fréquentes ou les plus graves. Il est également possible si vous le souhaitez de vous donner à titre indicatif des taux de complications, avec les réserves suivantes :
    ces taux varient avec l’expérience du chirurgien : plus il est expérimenté, plus les complications sont rares. Mais les chirurgiens les plus expérimentés et les plus réputés ont eux aussi des complications.
  • Ils varient aussi suivant les patients : le risque opératoire augmente avec l’âge, avec des maladies comme le diabète, l’obésité, les allergies, les baisses des défenses immunitaires, etc…
  • Ces taux n’ont qu’une valeur relative. Si une complication a 1 chance sur 100 de survenir, cela signifie que pour 99 % des patients, le taux de complications sera de zéro. Pour le centième patient, il sera de 100 %.

Les complications liées à l’anesthésie générale, locorégionale ou locale vous seront expliquées par nos anesthésistes en consultation. Vous pourrez également poser des questions à l’anesthésiste que vous verrez avant l’intervention ainsi qu’à votre médecin traitant.

Les complications de la chirurgie qui vous est proposée sont expliquées lors de la consultation et par cette feuille que nous vous demandons de lire après la consultation. Si vous souhaitez d’autres renseignements plus précis ou plus spécifiquement adaptés à votre cas, nous vous conseillons de prendre rendez-vous une seconde fois en consultation avant la date d’intervention, pour en discuter ensemble de nouveau, mais également d’en parler à votre médecin traitant.

Beaucoup de complications sont communes à toute la chirurgie orthopédique : hématomes, infections superficielles ou profondes, névromes superficiels et zones d’anesthésie à côté de la cicatrice, cicatrices sensibles ou hypertrophiques, algodystrophie, tendinites, nécroses cutanées, escarres, blessures vasculaires ou compressions nerveuses, phlébites et embolies pulmonaires… Elles sont peu fréquentes pour certaines, très rares pour d’autres. La plupart guérissent sans séquelles, et ne sont responsables que d’inconvénients mineurs et de courte durée. Elles peuvent aussi parfois contraindre à une ré intervention pour traiter la complication, à une rééducation ou des traitements médicaux plus longs que prévus. Certaines complications sont propres à une technique particulière, comme les retards de consolidation et pseudarthroses des ostéotomies, le manque de mobilité après chirurgie ligamentaire ou prothèse articulaire.

En dehors même de toute complication, certaines interventions ont un bénéfice aléatoire sur la douleur ou la mobilité, et un résultat ne peut jamais être garanti à l’avance. Un risque de résultat incomplet est toujours présent. Si vous exigez un résultat parfait, si vous doutez, il est préférable de ne pas vous faire opérer. La chirurgie orthopédique est une chirurgie fonctionnelle et non pas une chirurgie vitale. Prenez alors sans hésiter un deuxième avis auprès d’un autre chirurgien.

Quelques exemples des difficultés de la chirurgie du genou : une méniscectomie doit être économique, pour préserver l’avenir du genou. En conséquence, il existe un risque d’avoir à ré intervenir plus tard pour enlever davantage de ménisque. Ce risque est de 2 % environ. Après reconstruction du croisé antérieur, le genou n’est plus jamais identique à ce qu’il était avant l’entorse initiale, même s’il va bien. Les lésions cartilagineuses ne guérissent jamais. Elles sont soit indolores, soit douloureuses. Une ostéotomie ne traite pas les lésions d’arthrose, elle les compense. Implanter une prothèse articulaire n’est en aucun cas restaurer une articulation normale.

Lisez et relisez cette lettre, avec votre famille, et votre médecin traitant. Nous vous demanderons avant l’intervention de joindre à votre dossier médical la feuille ci-dessous, datée et signée de votre main. Elle a pour seul but d’attester que vous avez bien reçu avant votre intervention une information sur les complications possibles, et elle est rendue obligatoire par la jurisprudence. Sachez qu’elle n’a aucune valeur médico-légale ou contractuelle.

Dr. B. CHAMBERLIN

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